Le Français dans tous les sens Extrait : Les rapports de l’homme avec sa langue sont d’une nature très particulière. Il l’a apprise sans le vouloir. Elle s’est imposée à lui par simple contact avec son entourage. Elle a coïncidé pour lui avec la prise de conscience du monde dans lequel il vit. Comment pourrait-il, dans ces conditions, ne pas identifier le mot et la chose ? Si la chose fait peur, le mot fait peur : qui n’a eu un recul devant le mot cancer, cette « longue maladie » à l’issue de laquelle on trépasse. Il y a, à l’inverse, des mots qui transportent de joie parce qu’ils s’identifient avec le plaisir, le bonheur, l’amour, la tendresse. Que signifie « de bon augure », « de mauvais augure », sinon que ce qui est ainsi qualifié va, à un moment donné, correspondre à une réalité ? Sans doute n’y a-t-il plus ici, où intervient déjà la réflexion, coïncidence du mot et de la chose. Mais rien de tel dans la vie de tous les jours, où nous sommes confrontés à des réalités concrètes. P...